Il est 17h42. Un document arrive dans sa boîte mail : une déclaration réglementaire. Quelques années plus tôt, elle aurait probablement été traitée par une équipe conformité ou juridique. Aujourd'hui, son nom à lui apparaît directement dans la chaîne de responsabilité.
Le sujet n'est plus seulement technique. Il est devenu réglementaire, juridique et parfois personnel.
Pendant longtemps, un incident cyber était considéré comme un problème informatique. Une panne. Un sujet de DSI. Une affaire d'experts. Cette époque est en train de disparaître. Avec NIS2, DORA, le RGPD, le Cyber Resilience Act (CRA) ou encore l'AI Act, les régulateurs européens envoient un message clair : la cybersécurité est désormais un sujet de gouvernance d'entreprise.
Cette évolution se reflète dans les organisations. Toujours selon Trend Micro, 31 % des dirigeants considèrent désormais que la gestion du risque cyber relève directement de leur responsabilité, contre 25 % pour les équipes IT.
Les organisations doivent démontrer leur capacité à identifier leurs risques, protéger leurs actifs critiques, détecter les incidents, maintenir leur résilience et documenter les décisions prises. Les régulateurs ne veulent plus seulement savoir quels outils ont été déployés : ils veulent comprendre comment les décisions ont été prises, qui les a validées, quels risques avaient été identifiés et quelles mesures ont été mises en œuvre.
La question n'est plus : « Avions-nous un antivirus ? » Elle devient : « Avions-nous identifié le risque ? Avions-nous pris les bonnes décisions ? Avions-nous une gouvernance adaptée ? »
Dans ce nouveau contexte, le RSSI dépasse largement son rôle historique d'expert technique. Il devient l'un des principaux garants de la résilience numérique de l'organisation. La cybersécurité n'est plus seulement une affaire de protection : elle est devenue une affaire de responsabilité.