Ces trois familles ont un point commun : on peut les tester à deux niveaux de profondeur différents. Le premier niveau, la détection d'exposition, est observable depuis l'extérieur sans accès particulier. Le deuxième niveau, l'exploitation en profondeur des configurations internes, nécessite généralement un point d'entrée déjà obtenu : une faille trouvée ailleurs, des identifiants, ou des clés d'accès.
Pentest cloud : configurations et expositions
Le pentest cloud teste la sécurité des ressources hébergées chez un fournisseur cloud public, qu'il s'agisse de stockage, de calcul ou de gestion des accès.
Qui est concerné : toute organisation hébergeant des données ou services dans le cloud public. La mauvaise configuration du cloud est la première cause d'exposition de données en 2025, devant les exploits techniques classiques.
La détection automatisée identifie les ressources cloud exposées publiquement : buckets S3 ou Azure Blob ouverts, bases Elasticsearch accessibles sans authentification, instances mal configurées. Aller plus loin, en auditant les rôles IAM (Identity and Access Management, gestion des droits d'accès cloud) en profondeur ou en exploitant des permissions trop larges, nécessite généralement des clés d'accès initiales, dont la portée dépend des permissions associées. Un rôle IAM trop permissif revient à donner les clés de tout un bâtiment à quelqu'un qui n'avait besoin d'accéder qu'à une seule salle : tant que personne n'essaie les autres portes, le problème reste invisible.
Impact technique : données copiées hors de votre infrastructure cloud, ressources cloud détournées pour héberger une activité malveillante, déplacement vers d'autres services cloud connectés.
Impact métier : vol massif de données clients stockées dans le cloud (souvent des To de données en une fois), facture cloud explosée si l'infrastructure est utilisée pour du minage ou des attaques par un tiers, obligation de notification réglementaire.
DevOps : pipelines CI/CD et secrets exposés
Le pentest DevOps teste la sécurité des chaînes d'intégration et de déploiement automatisées qui transforment du code en application en production, souvent sans validation humaine à chaque étape.
Qui est concerné : toute organisation avec des pipelines de déploiement automatisés : GitLab, GitHub Actions, Jenkins.
La détection automatisée identifie les assets DevOps exposés publiquement. Aller au-delà, en auditant un pipeline CI/CD en profondeur, nécessite un accès initial : une faille trouvée sur un autre périmètre, ou une base de données exposée donnant accès aux secrets de configuration.
Impact technique : clés d'accès et mots de passe de production récupérés directement depuis le code, pipeline de déploiement détourné.
Impact métier : code malveillant déployé automatiquement en production sans qu'aucun humain ne valide l'action, ce qui peut toucher tous les clients utilisant le service en quelques minutes.
IoT et objets connectés : entre exposition réseau et analyse physique
Le pentest IoT teste la sécurité des objets connectés, à la fois sur le plan réseau (ce qu'ils exposent en ligne) et sur le plan physique (le matériel et son logiciel embarqué).
Qui est concerné : toute organisation avec des objets connectés, qu'ils soient exposés sur Internet ou seulement accessibles depuis le réseau interne. Caméras de surveillance, imprimantes réseau, badges d'accès, capteurs industriels, équipements médicaux connectés : le périmètre IoT est large et souvent mal cartographié.
Le pentest IoT complet couvre deux dimensions distinctes. La première est l'exposition réseau : ports ouverts, services accessibles, absence de chiffrement sur les communications. La deuxième est l'analyse physique et logicielle de l'objet lui-même : extraction et analyse du firmware (le logiciel embarqué dans l'appareil), test des interfaces physiques (ports de débogage, connecteurs), reverse engineering du matériel. Cette deuxième dimension nécessite un accès physique à l'objet et des compétences spécialisées en sécurité matérielle.
Vecteurs testés : ports ouverts, firmware vulnérable ou jamais mis à jour, absence de chiffrement sur les communications, interfaces de débogage laissées actives, identifiants par défaut jamais changés.
Impact technique : appareil contrôlé à distance par un tiers, intégré dans un réseau de machines compromises (botnet) sans que l'utilisateur s'en aperçoive, firmware modifié pour y insérer une porte dérobée.
Impact métier : caméras de surveillance utilisées pour espionner vos locaux, imprimantes utilisées comme point d'entrée vers le réseau interne, arrêt d'une chaîne de production si l'objet IoT pilote un processus industriel, compromission de la chaîne d'approvisionnement si l'objet fait partie d'un produit commercialisé.